Recherche

Le 19 octobre 2008, une soirée solennelle en commémoration du 10ème anniversaire de l’école du Dimanche a eu lieu. On a invité les premiers élèves et les professeurs de l’école à cette rencontre. En buvant du thé avec un gâteau que les moniales ont préparé pour la soirée, tout le monde a pu voir les diapositives sur l’historique de l’école. Des plaisanteries et des représentations musicales ont fait l’ornement de cette belle soirée. La joie spirituelle et le remerciement de Dieu ont également rempli les âmes des participants à la rencontre.
L’école du Dimanche en l’honneur des saintes martyres Sophie et ses filles Foi, Espérance et Charité (Véra, Nadejda, Lioubov) fonctionne auprès du monastère Sainte Elisabeth dès 1998. Le directeur de cette école est la soeur de la charité, Galina Chpakova. Soeur Galina a fait part de ses souvenirs et a parlé de la vie de l’école.
— Soeur Galina, parlez de l’histoire de l’école du Dimanche du monastère.
— L’histoire de l’école du Dimanche est étroitement liée à celle de la Communauté des soeurs de la charité et celle du monastère car tout a pris naissance en même temps. Juste au début des travaux de construction de l’église, batiouchka a bénit les soeurs de faire le tour des maisons et des immeubles qui se trouvent dans ce coin afin de demander si les habitants du quartier voulaient qu’une église soit bâtie dans cet endroit. Il s’est avéré que les “pour” n’étaient pas nombreux. Certains disaient que si le chantier allait commencer, des camions avec de l’aide humanitaire allaient être garés ici etc. Pourtant personne ne s’est rappelée de l’essentiel, de la vie spirituelle. Une crainte que l’église puisse ne pas être érigée est apparue. Je m’inquiétais aussi pour la vie paroissiale. C’est ainsi que l’idée de créer une école du Dimanche est venue. Si les enfants pouvaient commencer à y faire leurs études les parents verraient à quel point c’est bien. Je l’ai dit à père André et il a consenti avec joie. Cependant, quand nous sommes revenus après la première tonsure dans le monastère de Domochany et avons eu une réunion dans le réfectoire qui n’avait pas l’apparence de celui que l’on voit aujourd’hui et où il n’y avait ni portes ni fenêtres, batiouchka a dit qu’il n’y avait pas de possibilité d’ouvrir cette école. Les enfants ne pouvaient pas faire leurs études dans une ambiance pareille. J’ai réussi à le convaincre à condition que je ferais tout moi-même.
Bientôt on a mis des annonces sur l’admission à l’école. Je me rappelle d’un garçon qui avait sept ans. Il était essoufflé d'avoir couru et il a demandé: «Où se trouve votre école du Dimanche? Inscrivez-moi et ma soeur, elle a cinq ans». C’était si joyeux que les enfants viennent chez nous tous seuls. J’ai compris alors que ce n’était pas en vain et que Dieu nous aidera.
On a eu seulement une chambre qui était destinée à plusieurs usages. Le jour, elle servait de menuiserie, la nuit, de maisonnette de gardiens, et le dimanche, d’école. Le gardien faisait chauffer le petit fourneau qui produisait beaucoup de fumée. En entrant dans la chambre, des larmes commençaient à couler mais il faisait chaud et tout le monde était joyeux d’avoir son petit coin.
Notre premier enseignant était Antoine. Aujourd’hui il est devenu prêtre, mais avant c’était un jeune homme sans moustache qu’une soeur a amené à l’école. Je lui suis très reconnaissante car c’est lui qui m’a tout appris. De métier, je suis économiste et pas professeur et par la grâce Divine tout s’est arrangé.
— Qu’est-ce que l’école du Dimanche représente aujourd’hui? A partir de quel âge les enfants sont admis? Combien de classes vous avez et qu’est-ce qu’on apprend aux leçons?
— Il y a quatre classes à l’école, mais dès le début il a été décidé qu’il y en aura trois à cause du manque d’espace. Les enfants font leurs études pendant trois ans et ne veulent pas quitter l’école après. Ainsi nous avons organisé un groupe d’adolescents qui viennent dans l’après-midi et dont les études sont prolongées d’un an. Deux groupes d’élèves existent actuellement à l’école, celui de la jeunesse et celui de l’hôpital. Les élèves de l’hôpital sont adultes mais ils sont commes des enfants. Cinq enseignants travaillent avec eux et les cours sont, en quelque sorte, individuels. On commence les cours par la lecture de l’hymne acathiste «Gloire à Dieu pour tout» et puis on apprend aux uns à parler, aux autres à écrire, à d’autres encore à lire ou à chanter. Ils éprouvent une grande joie à quitter le territoire de l’hôpital, même une fois par semaine.
Ce qui est important pour nous, c’est la volonté des enfants. A chaque fois quand les parents amènent leurs enfants chez nous, je demande: «C’est toi-même qui veut ou bien ta maman?» Si les enfants ont leur propre volonté d’étudier, toute étude se passe beaucoup mieux. Nous le sentons. Les enfants sont admis à partir de l’âge de sept ans, le groupe de la jeunesse commence à partir de l’âge de dix-huit ans et plus. Je ne peux pas parler avec certitude des limites d'âge car si un enfant de six ans veut apprendre, on ne le refuse pas. C’est un signe pour nous que c’est le Seigneur qui l’a amené.
La durée d’une leçon est de 45 minutes, puis les enfants vont à la Liturgie où ils communient. La leçon s’appelle «La Loi Divine». En première année, on apprend à se signer correctement, ce que c’est que la prière, on parle des églises et comment elles sont organisées, on lit des contes sur les bienfaits et on parle sur les principes de l’orthodoxie. Dans la deuxième, troisième et la quatrième on étudie les sujets plus sérieux: l’Ancien Testament et partiellement le Nouveau Testament, on touche au slavon. En deuxième année, les élèves étudient l’alphabet et en troisième, ils lisent en slavon. Les professeurs préparent des feuilles avec des proverbes, des prières et des dessins qui concernent le sujet de la leçon. Toutes ces prières et les proverbes sont écrites en slavon pour que les enfants pratiquent la lecture. On n’enseigne pas la Liturgie car, à mon avis, c’est un prêtre qui doit en parler. Gloire à Dieu que père Pierre a consenti à donner des cours sur la Liturgie.
— Qu’est-ce que les enfants font encore en plus des classes de «La Loi Divine»?
— Le père André a bénit d’organiser les cours d’une autre manière qu’à l’école secondaire. On regarde des films, par exemple, «Morozko» qui est instructif lui-aussi: il y a deux personnages tout à fait différents, Nastenka et Marthe. On regarde, puis on discute sur ce qu’on a vu. Les enfants préparent eux-mêmes les fêtes et les spectacles. Les enfants participent aux restaurations des monastères de Biélorussie, maintiennent les relations avec des confréries. Plusieurs d’entre eux travaillent dans les ateliers du monastère, participent aux expositions et foires orthodoxes. Chaque année, la veille du 1er avril, fête de la Sainte Sophie de Sloutsk, on part en pèlerinage à pied vers ses reliques qui se trouvent dans la cathédrale du Saint-Esprit. On va visiter prochainement les églises anciennes de Minsk.
— A votre avis, quel est le rôle de l’école du Dimanche dans la vie de l’enfant? Quelles qualités il acquiert en faisant ses études à l’école?
— Un des objectifs de l’école du Dimanche c’est la création de la communauté qui est une famille chrétienne unie. Les cours ont pour but d’aider les enfants et leurs parents de faire comprendre avec conscience la foi orthodoxe. Un adulte voit naître dans son intérieur une envie de vivre une vie dl’Eglise et y participer d’une manière plus active. Quant à l’enfant, je pense que l’enfant acquiert l’essentiel, c'est-à-dire l’amour. Le petit coeur change. Les enfants voient des malades de l’hôpital et leur attitude à l’égard de ces gens change. Une compassion et une volonté de les aider apparaît. Les enfants communient tous les dimanches. Je crois que les enfants qui viennent à notre école ne pourront pas faire quelque chose de mal. Un grain de sainteté dans leur intérieur apporte ses fruits...
— Soeur Galina, merci pour votre conversation cordiale et étoffée. Que le Seigneur vous sauve.













