Свято-Елисаветинский монастырь
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Fête patronale…
Service neuropsychiatrique №3

Dieu est proche des endroits où habitent les infirmes et les misérables.

On le ressent aussitôt que l’on entre dans le service neuropsychiatrique. Un petit royaume où les adultes sont comme des enfants. Il y fait toujours beau: en été il y a des fleurs partout, en hiver, la neige scintille au soleil.

Les patients du service sont en majorité des gens ordinaires et simples, rares sont les personnes qui peuvent vous accueillir avec autant de joie. Elles sentent directement que quelqu’un souffre: ils s’en approchent, le caressent, lui offrent un morceau de pain. On dit que le Seigneur protège ainsi du monde des personnes vulnérables avec une mentalité sensible.

Il semble des fois que ces patients vivent comme des saints. Tout comme les ascètes chrétiens, ils n’ont rien à eux, même leur propre volonté ne leur appartient pas. Quand ils désobéissent ils sont punis, et peuvent, par exemple, être attachés à une chaise. Dans les services fermés, c’est encore pire. Il n’y a là que des chambres à coucher le long d’un couloir interminable et étroit avec des bancs sur les côtés. Une situation classique: un malade sur son lit, une fenêtre devant lui, des arbres qu’on voit par la fenêtre, voilà tout ce qu’il peut voir. Lorsqu’on lui demande «Comment ça va?», on aura en réponse «Tout va bien». Une personne en bonne santé, répondrait-elle ainsi?

Il y a aussi un archiprêtre qui est interné dans l’un des services. Il paraîtrait qu’il aurait subi un traumatisme crânien dans son enfance. Pourtant il est peu probable que ce soit un hasard. Peut-être est-ce une intervention de la Providence Divine pour assurer son salut.

La résignation de cet homme est extraordinaire. Quand on lui demande si la vie n’est pas trop difficile, il répond: «Oh, je m’y suis habitué. La patience contribue au salut». Un jour on lui demandait s’il avait peur de la mort. «J’attends la résurrection des morts et la vie du siècle à venir» fut sa réponse.

Un jour il était assis dans un couloir parmi des malades qui faisaient beaucoup de bruit.

– A quoi pensez-vous, père?

– A la lecture de l’Evangile d’aujourd’hui: «Bienheureux ceux qui ont une âme de pauvre, car le Royaume des Cieux est à eux. Bienheureux les affligés, car ils seront consolés. Bienheureux les doux…»

«…ce qui dans le monde est sans naissance et ce que l’on méprise, voilà ce que Dieu a choisi; ce qui n’est pas, pour réduire à rien ce qui est, afin qu’aucune chair n’aille se glorifier devant Dieu». (1Corinthiens 1:28, 29)

Frère В.:

Je suis venu ici avec des sentiments mitigés, mais j’ai vu des choses auxquelles je ne m’attendais pas. La première personne que j’ai vue était un gros barbu à l’air terrible, qui s’est approché de moi, vraiment très près de moi, et m’a regardé fixement dans les yeux. Je me suis senti gêné. Subitement je l’ai entendu dire: «Donne-moi un bonbon». Ils sont comme ça… Ils ressentent tout d’un coup qui vous êtes. Ils sont sincères. Ils ne trahissent jamais.

Le 6 février 1998, il se passe un événement joyeux: dans le hall du service on a consacré une chapelle à la Bienheureuse Xénia de Saint-Pétersbourg. Viennent alors à l’esprit de chacun les paroles de l’Evangile: Il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus (Matthieu 22:14).

La Divine Liturgie est célébrée pour les patients du service, c’est le Royaume des Cieux sur la terre. Où sont les puissants et les sages à ce moment-là, est-ce que les affaires dont ils s’occupent sont importantes pour la vie éternelle? Les infirmes, les personnes méprisées, les misérables se trouvent au Festin Royal de l’Amour; il n’y a rien sur terre qui soit au-dessus de cet amour là.

Soeur Z.:

Au service, il y a des personnes pour lesquelles quitter le périmètre de l’hôpital est une chose qui est le plus souvent impossible. Plusieurs parmi eux ont grandi au pavillon pour enfants et ont ensuite été transférés ici. Quand nous avons commencé à rendre visite aux malades dans les services de l’hôpital, les malades ont obtenu la possibilité de communier, et, petit à petit on a voulu célébrer la Liturgie parmi eux dans le service. C’est bien pour cela qu’est venue l’idée d’y fonder une église. Sans savoir pourquoi, personne n’avait pensé au nom de l’église... Or une fois, un prêtre d’une autre paroisse a demandé: «Quel est le nom de votre église?» – «On n’y avait pas songé à vrai dire... Une église et c’est tout...» – «Ce serait bien si on la consacrait à la Bienheureuse Xénia de Saint-Pétersbourg...» Et nous y avons consenti; cela s’avéra un juste choix: l’église portera le nom de Xénia de Saint-Pétersbourg.

Les sœurs ont enseigné les cantiques aux patients qui les ont appris par coeur et les chantent à l’église, une fois par semaine on lit l’hymne acathiste à la Bienheureuse Xénia de Saint-Pétersbourg, vous ne verrez cela nulle part ailleurs. Dans ce service, on ressent assez fortement la grâce de Dieu, elle descend sur cet endroit qui paraît affligé. Après la communion, les yeux des patients sont surprenants et irradient une chaleur sublime; on sent alors la proximité de Dieu. Il y a aussi une école de dimanche dans ce service.

Selon les paroles du starets Nicolas, en aidant les malades nous nous sauvons par leurs prières.

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