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Il me semble que, depuis ma plus tendre enfance j’ai toujours voulu aider les nécessiteux, et surtout ceux qui souffrent de l’âme.
Soeur Eupraxie:
Il existait dans l’ancienne Russie une tradition qui consistait à bâtir des hôpitaux pour aliénés mentaux sur le territoire des monastères. Les gens exclus de la société, devenus inutiles même pour leurs proches, trouvaient asile auprès de Dieu dans le calme des monastères. On qualifiait les malades mentaux de «misérables». Certes il n’est pas possible de comparer l’un des plus grands hôpitaux psychiatriques d’Europe avec les anciens hospices, pourtant, même ici, Dieu ne laisse pas sans protection particulière Ses enfants qui souffrent. En 1999, sur le territoire de l’hôpital on a bâti un monastère.
L’endroit où l’air lui-même est rempli d’affliction, ne permet pas que l’on se livre à une discussion sur le sujet «Science et Religion». La méfiance que nourrissait au début le personnel médical vis-à-vis des soeurs de la charité s’est transformée avec le temps en compréhension mutuelle; celle-ci pousse les responsables de l’hôpital à faire tout leur possible pour soulager les souffrances des malades.
A présent, il y a une «mère» pour chacun des 37 services de l’hôpital.
Les malades attendent avec impatience les prières en commun, la lecture de récits intéressants, une simple chaleur humaine. Une fois par semaine, on célèbre la Liturgie spécialement pour les malades. La plupart des gens qui suivent un traitement à l’hôpital, ne peuvent pas aller à l’église compte tenu de leur état psychique, et c’est pourquoi les prêtres confessent, donnent la communion et baptisent les malades directement dans les services.
Le monastère se situe à proximité immédiate du territoire de l’hôpital. Tous les soirs, on entend le carillon retentir jusque dans les chambres de l’hôpital; ce son pénètre l’obscurité et atteint le tréfonds des âmes créés à l’image de Dieu.
«Vous êtes heureux quand on a besoin de vous, quand on vous attend; il faut vivre pour cela. Je m’approche du service mais j’ignore tout; à Dieu d’agir.»
«Vous visitez les chambres de l’hôpital, distribuez de l’eau bénite, oignez les malades. Ainsi vous touchez une personne souffrante, peut-être solitaire. Pourtant, cette personne est une créature de Dieu; ce n’est pas un grain de poussière perdu dans l'univers, mais un être proche de Dieu.»
«Dieu est tout près! Tiens bon! Tu n’es pas seul... Nous sommes ensemble... Ayant visité tous les malades et leur ayant parlé, je ressens un soulagement, sachant que la vie suit son cours».
«Dieu ne se fatigue pas de nous aimer. On se rassemble dans le réfectoire. On dit des prières, on parle. On me pose une question, mais je vois qu’elle me trouble personnellement; je réponds. Dieu donne la joie. C’est un sacrement».
«Des longs couloirs de l’hôpital s’échappe une odeur lourde. Et c’est ici que le Seigneur entre doucement, notre Souverain Maître, qui a créé le ciel et la terre. A l’hôpital, on sent d’une manière particulière combien Dieu est doux et combien Il nous aime tous. Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin de médecin, mais les malades (Matthieu 9:12; Marc 2:17; Luc 5:31), dit le Seigneur en allant là où règnent le chagrin, le péché; là où les souffrances des gens sont les plus aiguës».
«Quand la première Liturgie a été célébrée à l’hôpital, les ténèbres du désespoir se sont dissipées. Christ est la Lumière. Certains malades chroniques ont dit qu’ils n’avaient plus peur des internements éventuels à Novinki «Parce que Dieu est là». La lumière revient dans leur âme quand ils voient à travers la fenêtre de l’hôpital les croix qui brillent au soleil et les coupoles ornées d’étoiles».
«L'âme saisit spontanément et sait par intuition que tout ce qui se passe ne se rapporte pas à la terre. Ici, dans l’ambiance misérable de cet hôpital, une parole de pénitence et de prière, si difficile qu’elle soit pour ces gens, deviendra une consolation à la fin de leur vie; peut-être une ou quelques eucharisties pourront arracher cette âme tourmentée du supplice éternel...»










