Свято-Елисаветинский монастырь
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Au début de la guerre russo-japonaise, elle alla au front pour y aider et soigner les blessés. Elle leur apportait du réconfort par ses paroles et par l’assistance spirituelle qu’elle leur donnait.

Dans les vastes salles dorées du Kremlin, elle organisait des ateliers de travail pour les femmes. Du matin au soir, des femmes se réunissaient bénévolement dans le but de soulager les souffrances. Elisabeth en était I'animatrice et était très aimée. Son amour pour l’homme et son zèle étaient contagieux.

Le 4 février 1905, elle se rendait vers les ateliers quand, soudain, elle entendit un bruit d’explosion. Se précipitant sur les lieux du drame, Elisabeth aperçut un soldat qui, de sa capote, couvrait un corps déchiqueté. C'était le corps de son mari touché par une bombe.

Elle est restée muette, ne poussant ni cris ni larmes, mais se mettant à genoux, elle a commencé à rassembler les restes ensanglantés de son époux bien aimé.

C’est par sa foi en Dieu qu’elle en arriva à accepter cette terrible épreuve et qu’elle finit par trouver une paix intérieure profonde qui ne manqua pas d’impressionner tous ses proches parents.

Jusqu'au jour de I'enterrement, elle consacra toutes ses nuits à la prière pour le repos de son âme. Au cours de ses veillées, elle s’est senti appelée à créer une sorte de communauté religieuse pour venir en aide aux plus démunis de Moscou.

Une force intérieure la poussa à aller rendre visite à I'assassin de son défunt mari.

A I'endroit où le Grand-Duc était mort, elle fit ériger une croix sur laquelle elle fit graver la prière que Jésus adressa à son Père: «Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font.»

Sans plus attendre, elle décida de, dorénavant, consacrer sa vie à l’amour au Seigneur et à Le servir dans le plus petit de Ses serviteurs.

Elle licencia les membres de sa cour et liquida tous ses biens. Ni les larmes, ni les moqueries de son entourage ne I'empêchèrent de s’engager résolument sur la voie de sa nouvelle vocation. Avec une partie de la somme provenant de la vente de ses biens, elle acheta, à Moscou, une grande propriété avec quatre maisons et un grand jardin qui constituaient ce qui devait devenir sa future communauté. Elle s'y était réservée deux petites pièces où elle vécut durant quatre années dans la prière et le recueillement, étudiant la vie des soeurs de la charité, des diaconesses luthériennes et des soeurs anglicanes. C’est pendant ce temps de solitude qu’elle conçut les bases de sa communauté.

Le 10 février 1909, elle commença sa vie communautaire avec une trentaine de soeurs qui l’accompagnèrent dans sa vocation.

La communauté reçut le nom de «Marthe et Marie», noms symbolisant sa mission. En effet, pareillement à la maison de Lazare où venait se reposer Jésus, les soeurs de la communauté étaient appelées à s'associer au destin de Marie en respectant les Paroles du Seigneur dans le silence et la prière tout en assurant, comme Marthe, le service de la maison et le service aux plus petits parmi leurs frères.

Dans la pensée d'Elisabeth, Jésus n'a pas jugé Marthe sur son hospitalité ou son accueil. Mais par son accueil, Marthe a manifesté son amour inconditionnel pour Jésus, qui I'avait mise en garde contre toute agitation ou préoccupation inutiles qui lui feraient perdre sa paix intérieure.

Le 9 avril 1910, toute la communauté prit I'habit et fit voeu de chasteté et de prière en présence de l’Evêque, et le jour suivant, le Métropolite de Moscou éleva Elisabeth au rang de supérieure de la communauté.

Mère Elisabeth adressa ces quelques paroles à ses soeurs: «J’abandonne l’éclat du monde... mais avec vous toutes, j'entre dans un monde bien plus grand, celui des pauvres et des souffrants».

Sa première préoccupation fut de s'occuper des enfants nés dans les bas quartiers de Moscou. Beaucoup de ces petits enfants furent accueillis dans I'orphelinat fondé par les sœurs, où on peut dire qu’ils ressuscitèrent littéralement. Quant aux autres, les soeurs allaient les visiter dans leurs familles et s'occupaient de leur éducation tout en aidant la famille à retrouver une certaine stabilité.

La communauté de «Marthe et Marie» se composait de deux églises: I'église de Marthe et Marie, d’une part, et l’église de la protection de la Vierge, d’autre part, ainsi que d’un bâtiment pour les soeurs, un petit hôpital où les soins et les consultations étaient offerts gratuitement, une pharmacie délivrant des médicaments aux plus démunis, un home pour les personnes âgées etc... A I'intérieur de la communauté, Mère Elisabeth fit construire un sanatorium pour des femmes pauvres atteintes de tuberculose.

Certaines soeurs visitaient les malades à domicile et leur prodiguaient tous les soins et le réconfort spirituel nécessaires.

Mère Elisabeth fonda également un foyer pour jeunes ouvrières qui pouvaient y loger à bon marché et parfois même gratuitement.

La communauté grandit rapidement et attira de nombreuses soeurs venant de tous les milieux sociaux. Leur mode de vie était quasiment monastique. C'est dans la prière continue et I'amour de Dieu qu'elles trouvaient toute I'énergie et I'amour nécessaires pour s'occuper de tous ces cas de détresses. Leur vêtement était un habit gris, moins sombre que I'habit monastique orthodoxe.

Malgré ses multiples activités, Mère Elisabeth était toujours disponible. Elle ne dormait souvent pas plus de trois heures par nuit sur un lit de bois dépourvu de matelas. Elle n'hésitait pas à sacrifier ce temps de repos pour consoler quelque soeur ou personne dans la tristesse. Tout en ayant une force et une fermeté intérieure indéniable, Mère Elisabeth parlait et agissait avec une grande douceur et beaucoup de délicatesse. A minuit, elle se levait pour prier et ensuite elle faisait le tour de I'hôpital en s'arrêtant près des grands malades. Elle trouvait toujours une parole de consolation et d'espoir qui leur redonnait courage.

La communauté «Marthe et Marie» avait pour objectif d'aimer le Seigneur et de le servir dans les plus démunis. Pour Mère Elisabeth, personne ne peut donner aux autres plus que ce qu'il a reçu. Nous recevons tout de Dieu et c'est pourquoi nous pouvons aimer notre prochain. L'amour naturel et humain s'évapore rapidement suite aux désillusions et déceptions tandis que celui qui vit dans I'amour du Christ est capable de renoncer entièrement à lui-même et de se donner au service des autres. Vivre dans la communauté de «Marthe et Marie» équivaut à grandir dans la foi et I'humilité.

Face à des malades pour lesquels il ne subsiste plus le moindre espoir de guérison, Mère Elisabeth exhortait ses soeurs à les préparer à la vie éternelle. Elle estimait qu’au seuil de la mort, le Chrétien devait être prévenu afin de pouvoir se préparer pour ce départ. On ne cachait pas la gravité de son état non plus.

Mère Elisabeth n'entreprenait rien sans avoir pris conseils auprès de son père spirituel ou auprès des starets d'Optino ou d'autres monastères. Elle envoyait régulièrement ses soeurs faire des retraites dans les grands Monastères d'Optino, de Sarov, de Kiev et de Pskov. L'ermitage d'Optino et plus particulièrement Saint Ambroise, exercèrent une influence capitale sur la communauté «Marthe et Marie».

Outre ses activités au sein de la communauté, Mère Elisabeth s'est également occupée d’autres fondations et notamment de couvents en Palestine qui étaient patronnés par la «Mission russe» de Jérusalem, association dont son défunt mari avait été président. Pendant son mariage, elle s'était rendue avec lui à Jérusalem pour la bénédiction de I'église Russe du Monastère de Sainte Marie-Madeleine de Gethsémani. Après le décès de son mari, elle était devenue présidente de la Mission russe mais à son grand regret, elle ne put, de son vivant, y retourner en pèlerinage.

Pendant la première guerre mondiale, c'est avec une profonde abnégation qu'elle et les soeurs s’occupèrent des malades et des blessés. Elle leur rendait visitait dans les hôpitaux et sur les champs de bataille. Les soeurs se dévouaient sans compter mais ne furent pas épargnées par les calomnies. On les accusa même de prendre des allemands en pitié!!!

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